Docteure Salma Taktek Recherches innovantes en microbiologie agroalimentaire Spécial

février 01, 2019 0 265

Originaire de Sfax en Tunisie, Salma Taktek est arrivée au Québec avec en poche, un baccalauréat et une maîtrise en génie biotechnologique de l'École nationale d’ingénieurs de Sfax. Son destin l'a ensuite mené à entamer des travaux au centre de recherche en innovation sur les végétaux de l’Université laval, à Québec, qui pourraient bien lancer une révolution agricole et faire baisser la demande mondiale d'engrais chimiques.

“Il faut être acteur de sa vie et non pas spectateur de la vie des autres. Choisir sa vie, travailler et aller de l'avant. Ne pas regarder la vie des autres avec envie mais provoquer sa propre chance.”

C'est en 2010, que Salma a été sélectionnée pour effectuer un doctorat en microbiologie agroalimentaire à l'Université laval à Québec où elle a étudié la synergie entre les bactéries qui solubilisent les phosphates et les champignons mycorhiziens. “J'ai eu une nuit pour réfléchir à mon départ”. La chercheuse passionnée et ambitieuse a donc pris la décision de partir, loin de chez elle, dans ce pays dont elle avait entendu parler de par une partie de sa famille vivant en Ontario et à Montréal. Installée depuis six ans maintenant, elle a terminé son doctorat en 2015 et a ensuite fait un stage de recherche au Ministère de l'Environnement. Grâce à son travail consciencieux, elle n'a pas eu de difficulté majeure à s'intégrer ni à trouver un emploi. En effet, concentrée sur ses recherches scientifiques, alors qu'elle ne consacrait pas de temps à la recherche d'emploi, c'est l'entreprise Premier Tech Biotechnologies qui est venue la chercher en Janvier 2016 pour le poste de chargée de projets pour le développement de nouvelles variétés de micro-organismes pour une utilisation en agriculture.

Symbiose souterraine entre les bactéries, les plantes et les champignons mycorhiziens

Salma Taktek s'est rapidement démarquée par ses recherches et sa méthodologie atypique. Sa technique a consisté, à la transmission de bactéries issues d’érablières sur la surface de mycéliums, ces derniers qui sont des parties des champignons, qui se présentent sous forme de filaments blancs et poussent une quinzaine de centimètres sous le sol. Après avoir lavé le mycélium, elle l'a broyé pour ensuite l’étaler sur un milieu de culture synthétique. Plusieurs centaines d’espèces de bactéries se sont ainsi révélées, la moitié n'ayant pas la faculté de dissoudre le phosphate, elle a quand même pu en sélectionner plusieurs dont elle a ensuite vérifié la capacité de former des biofilms, sortes de “tapis”, qu'elle a jouxtés à la surface des mycéliums des champignons. Ainsi furent sélectionnées quatre bactéries particulièrement efficaces pour solubiliser un concentré de fluorapatite originaire du Québec (Arianne Phosphate inc.) en étroite collaboration avec le champignon mycorhizien. Enfin, en utilisant cette forme de phosphate de roche micronisé en présence du champignon mycorhizien et des meilleures bactéries solubilisant des phosphates, elle a obtenu des plants de maïs aussi bien développés que ceux ayant reçu 100 % de la dose recommandée en superphosphate, selon les normes agronomiques actuelles.

Vers une élimination des produits chimiques dans l'agroalimentaire

Ces résultats suggèrent que l’on pourrait ainsi presque éliminer, les produits chimiques tels que les fertilisants. Concrètement, un agriculteur qui utiliserait seulement un quart de la dose recommandée de fertilisants chimiques, combiné avec des des bioinoculants, obtiendrait des rendements comparables à ceux utilisant 100 % de fertilisant. Il obtiendrait donc un gain d'argent et pourrait avoir un rendement égal mais plus durable et biologique. Cette découverte ouvre la voie vers la fertilisation en phosphore des plantes agricoles, avec un matériel n'ayant subi aucune transformation chimique industrielle.

Pour cette innovation, en 2015, Salma Taktek a fait partie des dix percées scientifiques du journal québécois, “Le soleil” ainsi que des dix découvertes de l'année du magazine “Québec Science”. Mais ce qui l'a rendu la plus fière c'est d'avoir été désignée première sur les dix découvertes scientifiques de l'année par le public. “J'étais très contente de voir que les gens s'intéressent à l'agriculture durable et à l'environnement. Le choix du public est plus intéressant selon moi que les récompenses des professionnels car il montre un avancement des mentalités.” La chercheuse a également reçu un appel du consulat, de l'ambassade de Tunisie au Canada et du Ministère de la femme en Tunisie.

Aujourd'hui, elle serait intéressée par une collaboration avec des scientifiques de son pays d'origine même si elle se sent bien dans son pays d'adoption et souhaite y continuer sa vie. Elle travaille présentement sur de nouvelles recherches sur la production de bio-produits pour l'entreprise Premier Tech Biotechnologies à Rivière-du-loup au Québec. “J'aimerais diminuer au plus l'utilisation des produits chimiques pour préserver l'environnement et lutter contre le changement climatique.” Elle trouve notamment que le Canada offre un milieu favorable aux transferts technologiques, aux recherches fondamentales et aux recherches appliquées. C'est aussi une région où elle peut garder un lien proche avec la nature, qu'elle chérit et admire.

Dernière modification le mercredi, 03 avril 2019 12:18
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