Arnaud Segla Apôtre l’entrepreneuriat ethnique

janvier 26, 2019 0 244

Il œuvre en tant que consultant indépendant avec sa compagnie THE WISEMEN COUNCIL. C'est faisant face aux barrières à l’emploi et désireux servir ma communauté. Il est également artiste écrivain et auteur. Son engagement s'inscrit sous deux volets « l’identité ethnique » et « le développement économique ». Il consacre son temps à sensibiliser la communauté à l’entrepreneuriat ethnique et à habiliter pour les entrepreneurs d'être plus performants sur le marché.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat ethnique?
L’entrepreneuriat ethnique est l’activité économique (création et développement d’entreprises) par les communautés minoritaires d’un pays accueillant un flux migratoire. L’entrepreneuriat ethnique peut être vu sous plusieurs angles et a fait l’objet de recherches académiques dans le but de définir puis de mieux comprendre ce phénomène. Généralement il est associé à un manque d’accès aux ressources par les communautés minoritaires qui peuvent être amené à se faire concurrence dans le bassin économique. Ainsi l’une des motivations fréquentes sont les barrières à l’emploi que rencontrent les populations migrantes qui trouvent dans l’entrepreneuriat un second départ pour palier à leur insuffisance de revenu.

Le phénomène est né comme je l’ai dit avec l’apparition des flux migratoires et est étudié depuis les années 1970. Certaines communautés sont plus avancées dans l’exercice de ce type d’activité économique. J’ai choisis pour ma part de me concentrer sur les communautés noires qui sont d’immigration plus récentes et qui peinent encore à s’organiser pour tirer leur épingle du jeu. Cela me permet aussi d’avoir une possibilité de contribution à la valorisation et de partage de l’entrepreneuriat informel issu d’Afrique. Mon action s’inscrit donc à la fois auprès de la Diaspora, dans un premier temps, puis au continent si cela est en mon pouvoir…
Profil personnel
Mon parcours a commencé il y a une trentaine d’année à la maternité de la lagune à Cotonou où je suis né. J’ai grandi au Gabon.et je suis resté dans ce pays 17 ans jusqu’à la fin de mon cycle secondaire effectué au Lycée National Léon M’ba. J’ai par la suite pris le chemin de « l’exil » pour accomplir mes études supérieures en France. Ceci m’amènera à résider 2 ans à Montpellier puis 6 ans à Bordeaux avant de m’installer dans la région parisienne pendant 2 ans. J’ai pu ainsi accomplir des études en sciences pures et appliquée (diplôme d’ingénieur maître en maintenance aéronautique), en gestion d’entreprise et en affaires internationales. A l’issue de ce périple français ne voyant pas de possibilités professionnelles sur ce territoire j’ai décidé d’immigrer au Canada pour débuter ma carrière.

Immigrer en Amérique du nord en tant que seul membre de sa famille comportait des pièges. Je pense être passé par un vaste panel de ces écueils. Dans le but de m’accommoder aux exigences tacites de l’immigration au Québec, j’ai repris des études en gestion de projet à HEC Montréal, fait un stage d’immersion en Ontario pour améliorer mon anglais et ai décroché des emplois et plusieurs expériences de bénévolat. En dépit de ses efforts je n’ai pu réussir à décrocher le contrat dans mon domaine. Les effets collatéraux de ce combat n’ont pas tardé à se faire sentir et j’ai dû faire face à des problèmes de santé graves, celle-ci étant déjà fragile, qui m’ont mis en retrait du marché de l’emploi pendant un bon moment.

Inlassablement j’ai dû lutter pour honorer un engagement de réussite ou tout simplement rassurer ma famille restée en Afrique sur mon choix d’immigration. Bien que, le poids des échecs devenant de plus en plus lourds à supporter j’ai continué mon combat, alternant découragement et enthousiasme. Avec le temps j’ai pris conscience que ce combat était celui de beaucoup d’immigrant au Québec voire au Canada et que dans le cas de l’entrepreneuriat que j’ai embrassé progressivement, ce phénomène avait un nom : l’entrepreneuriat ethnique. J’ai décidé de m’y consacrer pleinement en mettant à profit mes connaissances et compétences acquises au cours de mon parcours. Ainsi l’un des objectifs de ma compagnie est de mettre à disposition des entrepreneurs certains outils de la gestion de projets pour leur permettre d’optimiser leurs propres projets d’affaires.

Les voiles de ce chemin de vie se sont levés à mesure que je cheminais. J’ai cherché tout d’abord milité dans des associations (L’hirondelle, REPAF, Chafric, JCCH puis CDN BCA) présentes à Montréal en tant que membre ou bénévoles pour mieux m’intégrer aux communautés noires. Ce n’est qu’en 2013 que j’ai choisis d’être plus efficace dans l’organisation de ma vision en renforçant une présence en ligne qui me permettrait de poursuivre deux objectifs principaux : sensibiliser la communauté à l’entrepreneuriat ethnique et habiliter les entrepreneurs eux à être plus performant sur le marché.

Ceci s’est fait par le biais du lancement du blog entrepreneurethnik.com qui a été initié avec l’aide d’un ami d’enfance Teddy Ngou Milama. Je saisis toujours plus d’outils pour relayer mon message. Ma présence physique dans le cadre de mon engagement social s’est fait au titre de l’accompagnement d’entrepreneur du projet UIBE et de ceux de mon réseau personnel à titre informel. A terme, donc, je souhaite offrir à la communauté une série d’outils issus de mon expérience personnelle et de l’action des partenaires de ma compagnie THE WISEMEN COUNCIL pour faire de l’entrepreneuriat ethnique un réel choix de vie et non un choix sous contrainte. Actuellement je continue de renforcer ma présence en ligne par la production d’articles sur des blogs ou je suis invité (Afrokan Life, Huffington post), j’ai créé un groupe sur Linkedin fort de plus de 300 membres ainsi qu’une page facebook. Mon action se poursuit et est de plus en plus visible. Ceci est le prélude à mon retour à l’implication physique dans une action ciblé permettant d’avoir un maximum d’impact auprès des entrepreneurs. J’ai produit récemment un guide à destination de ces derniers : « Une entreprise ethnique en 40 heures » (« Business in the box » dans sa version anglaise) qui permet de se lancer en affaires en trouvant une alternative à la voie classique faisant intervenir un plan d’affaires. Celui-ci reste indiqué pour des demandes de financement plus formelles.

Je suis une personne calme et posée. J’exerce mon leadership de façon participatif quand il m’est naturellement reconnu par mes pairs de par mes attributs ou la légitimité de ma position. J’évite toute manifestation de violence. Je trouve mon équilibre personnel dans la spiritualité, notamment le soufisme et la Gnose, qui sont des voies que j’ai rejoint pour satisfaire mon désir d’accomplissement dans cette vie. Bien que perfectionniste dans l’âme je tends à choisir la solution la plus simple par conviction et par économie de temps, d’argent et d’énergie.

J’ai longtemps pratiqué les arts martiaux (Qwan-Ki-Dao et Aïkido) avant de choisir la méditation comme source d’apaisement. Je pratique aussi les danses latines depuis avec beaucoup de plaisir et je découvre la vague Kizomba qui saisit Montréal depuis peu. Cette passion pour la danse m’a amené à participer à plusieurs congrès de danses et à réaliser quelques performances. Quand je ne suis pas sur une piste de danse ou un repas entre amis, j’aime les moments de lecture ou d’écriture en musique seul chez moi. Cette ambivalence entre moment d’extraversion et de retrait est ma façon d’être au monde où je préfère choisir mes moments d’activité sociale et non les subir.

Parcours académique
Après l’obtention de mon diplôme de fin de secondaire au Gabon (spécialité sciences physique et mathématiques) au Lycée National Léon M’ba de Libreville. J’ai entamé des études collégiales en Génie électrique et informatique industrielle option électronique à l’Institut Universitaire de Technologie de Montpellier. Mon diplôme en poche, je pars pour Bordeaux pour intégrer l’Institut de Maintenance Aéronautique où j’obtiens une Maitrise et Titre d’ingénieur maître en Génie des Systèmes Industriels. Désireux de bâtir une double compétence technico-commerciale pour me préparer au métier d’ingénieur d’affaires, je poursuis mon parcours à L’Institut d’Administration d’Entreprises de Bordeaux pour obtenir un Certificat d’Aptitude à l’Administration d’Entreprise, puis, je me rends à Paris pour étudier les Affaires internationales à l’Institut Européens des Affaires où J’obtiens un Diplôme de Management en Affaires Internationales. A l’issue de mon immigration au Québec je décide de faire un Certificat en Gestion de projets à HEC Montréal pour faciliter mon intégration au marché de l’emploi. Enfin j’ai passé des certifications professionnelles dans mes domaines d’exercices : Certified Associated in Project Management ainsi que Growthwheel Business Advisor en partenariat avec le projet Ujamaa Initiative for Black Entrepreneurship (UIBE). Depuis, je maintien régulièrement mes connaissances à jour en lisant ou suivant des formations physique ou en ligne. Ceci est une nécessité pour un consultant.

Parcours professionnel
Mon parcours professionnel a donc débuté par une série de stage de fin d’année dans des entreprises du domaine aéronautique (Air Littoral, Air Gabon, IMA, ALTO) puis dans le cadre d’une double spécialisation technico commercial via des formations en gestion j’ai intégré le groupe Safran dans deux divisions Snecma (construction de moteurs d’avions) et Snecma Services (maintenance de moteurs d’avion). C’est à cette occasion que j’ai commencé à me spécialiser dans la gestion de projets et que j’ai intégré le PMI (Project Management Institute).


Ne pouvant poursuivre ma carrière en France pour des questions de permis de travail, j’ai décidé d’immigrer au Québec en tant que travailleur qualifié. Après une série d’emplois alimentaires pour faire face aux charges de ma vie de nouvel immigrant, j’ai complété un certificat en gestion de projet à HEC Montréal à l’issus duquel j’ai fait un stage d’immersion linguistique au Bureau de projet de la Haute direction du Ministère du Développement du Nord et des Mines de l’Ontario. Après un période sans emploi j’ai intégré la compagnie TM4 en tant que contrôleur de projet fonctionnel. Suite à des problèmes de santé j’ai du quitter cet emploi et lancer ma compagnie THE WISEMEN COUNCIL que j’ai développé patiemment et inexorablement dans le but d’offrir des services de consultation. Cela dans le but d’adapter dans mon style de vie les exigences d’une vie professionnelle et les contraintes inhérentes à mon état de santé.

Dans le cadre de ma réinsertion progressive au marché du travail j’ai effectué une mission au sein de l’organisme Accueil des Immigrant de l’Est de Montréal où je me suis occupé de la mise à jour du site internet. J’ai accompagné des projets d’entrepreneur dans le cadre de ma compagnie à titre pilote. Enfin j’ai intégré le projet UIBE en septembre 2012 pour y accompagner les entrepreneurs des communautés noires anglophones. Je suis également impliqué dans mon projet d’affaires pour continuer son développement. Ainsi, en marge des rencontres avec des clients, je gère en parallèle des activités d’écriture personnelle et des projets de publication qui sont disponibles à présent sur le site kalam.ca Je suis à la recherche de talents à publier en marge de ma propre œuvre.

Mon engagement social autour de l’entrepreneuriat ethnique
Mon implication se fait en deux temps : de façon virtuelle et de façon physique.
Pour ce qui est du virtuel mon action est essentiellement basée sur la rédaction d’articles de sensibilisation et d’articles pratiques dans des blogs et dans les réseaux sociaux. Une série de guides est en cours. Au niveau physique l’action est plus axé sur le coté professionnel et la tenue d’atelier de formation ou de participation à des évènements ciblés dans le monde de l’entrepreneuriat ou des communautés noires tout en accompagnant des entrepreneurs dans le développement de leur idées.

La voie virtuelle permet de toucher un public plus large à n’importe quel moment dans n’importe quel pays, sans présence effective tandis que la présence physique représente certaines limitations du fait du nombre de personnes prêt à relayer le message. Avec une bonne visibilité cette contrainte peut mieux être gérée
L’impact est d’amener la communauté à changer d’attitudes progressivement et les entrepreneurs ethniques à être plus aptes à ce métier dans leurs bassins économiques. La présence virtuelle est un mode d’engagement social qui s’impose avec les nouvelles habitudes de vie des futures générations d’entrepreneurs mais qui n’exclut pas une action effective sur le terrain pour continuer à véhiculer l’héritage humain et sa chaleur.

L’avenir?
Dans un proche avenir, je souhaite que la visibilité autour de mon travail ait ostensiblement accrue et qu’il me soit plus facile de relayer mon message en participant à la vie virtuelle et à la vie sociale réelle des entrepreneurs ethniques au Québec, au Canada et en Afrique. Je souhaite qu’un déclic puisse s’opérer dans les communautés pour donner la chance à l’entrepreneuriat ethnique de s’implanter dans les communauté noires (les autres étant plus avancées) via les diaspora, que les entrepreneurs apprennent un certain nombre de concepts d’affaires et mettent à profit leur force informelle et enfin que les gouvernants accompagnent de mesures adaptés l’essor de ce métier avec sa particularité communautaire.
Zone contenant les pièces jointes

Dernière modification le samedi, 26 janvier 2019 16:58
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