Khalil El Mouktari Droit vers le succès Spécial

janvier 26, 2019 0 180

Immigré marocain, il a étudié en France afin de connaître le succès qu'il espérait tant. Portrait d'un homme de convictions qui a su franchir bien des obstacles pour réaliser son rêve...

Pour la fierté de ses parents

Khalil est né au Maroc et est originaire de la ville de Taza. Membre d'une famille nombreuse (un frère et trois sœurs), il est issu de la classe moyenne. Très jeune, toute la fratrie a à cœur de réussir professionnellement dans la vie pour rendre fier leur père qui exerce le respectable métier d'enseignant mais aussi leur mère.

Si c'est tout son parcours scolaire qui l'a forgé, Khalil le reconnaît volontier, le lycée a été une période charnière pour lui. C'est à cette époque qu'il commence à se façonner intellectuellement. Ses idéaux prennent forme. Parmi eux, la défense des droits de l'Homme mais aussi les valeurs de tolérance et de respect de l'autre. Ces principes lui serviront de boussoles aussi bien dans son parcours universitaire que dans sa vie professionnelle.

Désireux de bénéficier de la meilleure formation possible, le jeune marocain décide de s'envoler pour la France la tête pleine de rêves et d'espoirs. En effet Khalil veut réussir de grandes études mais aussi parvenir à s'intégrer dans la société française qu'il imagine tolérante, respectueuse et égalitariste. Aujourd'hui, il avoue que sa vision de la France, pays auto proclamé des droits de l'Homme, a quelque peu changé.

Un parcours semé d'embûches

C'est tout seul que le jeune étudiant débarque dans une région où il ne connaît personne : l'Auvergne, au centre de la France. A l'université de Clermont-Ferrand, il décroche deux master 2. L'un en « Prospectives et Analyses Internationales » et l'autre en « Histoire du droit et des institutions ».

Passionné par les études, Khalil veut obtenir un doctorat. C'est ainsi qu'il rédige une thèse intitulée « De l’Image de Rome au sein de la littérature juridique araboislamique médiévale : Le Droit musulman entre ses origines profanes et sa configuration sacralisée » qu'il obtient avec une mention « très honorable » et qu'il dédiera à sa mère. Pour financer ses études, il exerce différents emplois dans la vente, le télémarketing ou encore la restauration. Finalement grâce à sa thèse il parvient à obtenir un poste de chargé de travaux dirigés à la faculté de droit de La Rochelle.

En 2013, Khalil tente une nouvelle aventure au Canada. Malheureusement ses diplômes ne lui permettent pas de trouver un emploi dans le domaine du droit. Malgré tout, il trouve le moyen de mettre à profit cette expérience notamment en devenant bénévole chargé du soutien administratif à la Croix Rouge ou encore en effectuant un stage en tant que chargé d'étude à L’Alliance des Communautés Culturelles pour l’égalité dans la Santé et les Services Sociaux de Montréal. Si ce périple s'est finalement avéré enrichissant, il n'a pas été facile moralement puisque Khalil a du vivre une année loin de sa femme, restée en France.

De retour à Clermont-Ferrand, il se rend rapidement compte que tous ses diplômes ne lui ouvrent pas les portes tant espérées. Les postes de chercheurs étant rares, le docteur en droit décide de retourner aux études et s'inscrit à l'école de formation des avocats de Clermont-Ferrand avec l'ambition d'intégrer, à terme, une structure juridique lui permettant de s'épanouir intellectuellement.

Dans le cadre de cette ultime formation, l’élève avocat doit trouver un premier stage en entreprise. Cela ne s'avère pas être un tâche facile puisqu'il essuie de nombreux refus avant de trouver une structure prête à l'accueillir. Néanmoins, quelques semaines avant le début du stage, ce dernier est annulé sans explication. Retour à la case départ. Finalement c'est un syndicat qui accueillera Khalil pour 6 mois : la confédération générale du travail (CGT). Là-bas il aura l'occasion de renforcer ses idéaux en constituant des dossiers pour défendre des salariés licenciés injustement ou encore traités de manière dégradante.

Une fois cette expérience enrichissante terminée, le futur avocat a du batailler de nouveau pour trouver un stage en cabinet d'avocats. Les refus s'enchaînent sans qu'il ne sache pourquoi. En effet, son bagage universitaire est plus solide que beaucoup d'autres élèves et ses expériences multiples et variées plaident en sa faveur. A-t-il était victime de racisme ? « Sans tomber dans le paranoïa, c’est affirmatif autant que les temps qui courent ne sont pas propices aux étrangers en général et à ceux qui sont d’une culture arabo-islamique en particulier ».

Mais il en faut plus pour le décourager. Grâce au soutien de son épouse et à sa foi en Dieu, Khalil ne se démobilise pas et redouble d'effort. Finalement, il trouve un stage dans un cabinet lyonnais spécialisé en droit des affaires et droit pénal. Le sprint final est lancé : dans quelques mois il sera officiellement avocat.

Tenter pour ne rien regretter

Si Khalil côtoie le succès aujourd'hui, son parcours témoigne des obstacles qui peuvent se dresser devant les immigrants en quête de réussite. Sans faire de généralité, le racisme reste présent dans notre société. A l'aube du 21ème siècle, certains se laissent encore tenter par des idées obscures véhiculées par des politiques tels que Marine Le Pen en France ou Donald Trump aux Etats-Unis. Khalil est persuadé que « ces deux personnages sont révélateurs des maux et des symptômes alarmants des temps qui courent. Malheureusement, ils offrent une vision réductrice et altérée de l’immigration et des étrangers pour mieux servir leurs ambitions politiques et caresser les peurs et les instincts élémentaires des gens qui les écoutent. Tant que les médias et les institutions étatiques n’accomplissent pas leurs fonctions éducatrices et pédagogues pleinement et tant que les responsables politiques continuent à expliquer leurs faillites et leurs difficultés économiques par l’arrivée des étrangers et la saturation du marché de travail, l’opinion publique restera craintive et en général douteuse des bienfaits de l’immigration et des richesses indéniables qu’elle apporte ».

Comme beaucoup d'immigrés, il a du composer avec les discriminations, les stéréotypes et les a priori. Loin de sa famille et de sa terre natale, il lui a fallu faire preuve d'un grand courage et d'une forte mentalité pour ne pas abandonner et réussir sa vie professionnelle. Loin de regretter son expatriation, il nous a livré ses quelques conseils à l'attention des futurs immigrés : « il faut s’armer de volonté et aller jusqu’au bout de ses rêves. Au pire et en cas d’échec, ils pourront se dire qu'ils ont essayé et ils se rendront compte qu’il en sont sorti plus riches humainement ».

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