Mireille Apollon Vice-présidente de la Commission canadienne pour l'UNESCO Spécial

janvier 26, 2019 0 180

Mireille Apollon, est titulaire d'un baccalauréat en pédagogie de l'université de Laval et une maîtrise en administration de l'ENAP, université du Québec. Enseignante, elle a partagé ses connaissances des mathématiques avec les élèves du secondaire de la ville de Québec.


Sa vie active se passe entre deux avions pour servir son pays d'accueil: le Canada. Elle a travaillé en Afrique.

Mireille Apollon
J'ai travaillé en Afrique pour le compte du gouvernement canadien, mon pays d'accueil car je viens d’Haïti.
Chaque escale avait été une rencontre riche en découvertes et en expériences aussi bien dans le domaine du travail que dans les rapports humains.
J'ai planifié et géré des grands projets aux sommes aussi colossales que 60 millions de dollars, comme l'appui au développement du secteur privé ou d'institutions de formation, le transfert de technologie, la construction des routes, des barrages hydro-électriques sans pourtant négliger les petits projets d'initiatives locales
qui m'ont permis de côtoyer de près des femmes et de promouvoir leurs causes.

Quelles étaient les relations avec les populations rencontrées?
Le rapprochement avec les populations m'avait profondément marquée. Avec d'autres coopérants, j'avais partagé leur quotidien, mangé dans le même bol au Sénégal, écouter les histoires autour du feu au Gabon. Au Gabon, je suis allée dans des villages où la rencontre avec la nature était de toute beauté et pleine d'émotions.
Je me souviens de mes voyages à Lambaréné, au Gabon. Je voyageais en pirogue sur le fleuve et les hippopotames trouaient l'eau comme pour nous saluer. Devant nous se dressaient des murs de lianes impressionnants. J'avais le sentiment d'être la première à vivre ces voyages. Et dans ces villages, nous étions attendus, accueillis avec chaleur. On nous parlait, nous touchait. Je me suis sentie chez moi en Afrique!

Peut-on dire que vos missions à l'étranger à représenter le Canada vous ont donné un privilège?
Oh, oui! J'ai eu la nette impression de vivre en direct l'amélioration de la vie des populations locales. Au Mali, au Gabon, au Sénégal, en Tunisie, en Mauritanie, au Burkina Faso, j'ai admiré le courage des femmes, agentes de paix, piliers des familles et motrices de changements. Les femmes ont réellement suscité mon admiration. Elles sont présentes sur tous les fronts,
construisent des puits, des dispensaires, acquièrent des moulins pour moudre le mil, achètent du poisson et le font sécher, en plus elles participent à des projets de coopérative de production tout en cherchant des moyens pour écouler leurs produits. Les femmes sont une force extraordinaire dans le développement d'un pays.

La crédibilité des femmes est donc une constance dans vos observations?
Dans les centres d'éducation, de formation professionnelle, technique et de recherches, elles ont excellé surtout en Afrique du nord.
Leur excellence dans la réalisation des projets économiques et culturels prouve que les femmes sont incontournables dans l'amélioration de la qualité de la vie. Par exemple, les femmes de la Tunisie s'inspiraient de leur histoire pour fabriquer leurs bijoux et confectionner des tapis selon les normes traditionnelles de tissage.

Elles formaient des coopératives de production et de commercialisation. Et chose remarquable, les femmes, en règle générale, remboursent les prêts de la coopérative. Elles sont conscientes du poids de leur charge et assument leur contrat social: elles sont crédibles.

Vous aviez lancé votre propre il y a quelques années?
Après mes loyaux services, j'ai pris ma retraite de la fonction publique. J'ai bâti mon entreprise spécialisée dans la gestion et le conseil en coopération internationale. Selon les contrats, je voyage et donne des conférences. Je prête aussi mon expertise au commissariat aux langues officielles, à Citoyenneté et immigration Canada.

Mon grand rêve est de travailler avec les femmes africaines dans les domaines de la politique où leur présence est encore émergente, comme dans de nombreux pays d'ailleurs. Je milite pour la promotion de la femme dans le processus démocratique au Centre de formation femme et gouvernance tout en m'impliquant dans la politique locale.

Que pensez-vous du bénévolat?
Bénévole au sein de la ville de Gatineau, j'ai siégé à la commission des arts et de la culture et participé ainsi à l'expansion de la diversité culturelle de Gatineau. J'ai reçu l'Ordre de Gatineau en 2008 pour mon action de rapprochement interculturel, parrainé avec joie Images du Sud, un festival de films du Sud il y a quelques années. Ce festival est un partage de la vie de ceux qui viennent d'ailleurs, avec leurs joies et leurs peines, leurs difficultés, leurs amours, leurs rêves et aussi leur solidarité. L'action bénévole m'a valu le Prix Merci de l'Agence des services de santé et des services sociaux du Québec. En plus le Réseau des femmes d'affaires et professionnelles m'a honorée avec le Prix de l'Excellence 09 dans la catégorie de travailleuse autonome.

Dernière modification le samedi, 02 février 2019 13:50
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